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Cuisse de poulet – température à cœur

Poulet

La cuisse est la pièce de volaille la plus indulgente. Là où le blanc se dessèche à trois degrés près, la cuisse contient assez de gras et de collagène pour s'améliorer au-delà de sa température minimale. Le seuil de sécurité reste le même — 70 °C (158 °F) à cœur selon la fiche Salmonella de l'ANSES — mais le meilleur résultat gastronomique se situe nettement plus haut, vers 75 à 80 °C (167 à 176 °F), où le collagène se transforme en gélatine.

Repos
3 min

Piquez la sonde dans la partie la plus charnue de la cuisse, parallèlement à l'os et sans le toucher : l'os conduit la chaleur différemment et donne une lecture faussement élevée. Sur une cuisse avec le haut de cuisse attaché, la jointure entre les deux est le point qui chauffe en dernier — c'est là que l'ANSES demande explicitement l'absence de rose et de traces de sang. Contrôlez ce point avant de servir.

Rôtie au four

200 °C (392 °F), peau vers le haut, 35 à 45 minutes selon la taille. La peau doit être sèche avant d'entrer au four, sinon elle cuit à la vapeur au lieu de croustiller. Visez 78 °C (172 °F) à cœur plutôt que le minimum de 70 °C (158 °F) : la chair reste juteuse et se détache mieux.

À la poêle, peau croustillante

Départ à froid, peau contre la poêle, feu moyen. Le gras fond progressivement et la peau devient croustillante sans brûler — comptez 12 à 15 minutes de ce côté. Retournez seulement pour finir, 5 minutes, jusqu'à 78 °C (172 °F). Une poêle déjà brûlante contracte la peau et le gras n'a pas le temps de rendre.

En cocotte

Saisissez d'abord les cuisses, puis laissez mijoter à couvert 40 à 50 minutes dans un fond de liquide. La température dépasse largement 80 °C (176 °F) et le collagène se dissout complètement. C'est la seule méthode où le thermomètre devient secondaire : la chair est prête quand elle se détache de l'os sans résistance.

Conseil

La viande brune est plus indulgente — 79 °C donne un résultat plus juteux et tendre que le minimum de 74 °C.

Pourquoi cuire la cuisse au-delà du minimum de sécurité ?

Parce que la sécurité et la texture sont deux questions différentes. À 70 °C (158 °F) la cuisse est sûre à consommer ; à 78 °C (172 °F) son collagène est devenu gélatine et la chair est franchement meilleure. Le gras qu'elle contient la protège du dessèchement, ce qui n'est pas le cas du blanc.

La cuisse est encore rosée près de l'os, est-ce grave ?

Une coloration rosée près de l'os peut persister même à bonne température, en particulier sur les volailles jeunes : c'est la moelle osseuse qui colore la chair. Fiez-vous à la sonde plutôt qu'à l'œil, en mesurant sans toucher l'os. En revanche, du sang à la jointure est un vrai signal d'insuffisance.

Peut-on cuire cuisses et blancs ensemble ?

Difficilement au même point. Une solution simple consiste à sortir les blancs dès 68 °C (154 °F) et à laisser les cuisses dix minutes de plus, ou à demander à votre boucher de séparer les morceaux à l'avance.

Faut-il faire reposer la cuisse ?

Moins que le blanc, et pour d'autres raisons. Cinq minutes suffisent : la cuisse étant plus grasse, elle retient mieux ses jus. Le repos sert surtout ici à pouvoir la manipuler sans se brûler.

Source

ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) indique 70 °C158 °F comme minimum sûr pour ce morceau. · ANSES — fiche STEC/EHEC (2024-MPEX-0031, juillet 2024)

À noter : les fiches de l'ANSES ne donnent pas le même chiffre. La fiche Campylobacter indique « une cuisson suffisante (> à 65 °C à cœur) », la fiche Salmonella « cuire à cœur (70 °C) […] les viandes de porc et de volailles ». Chaque valeur découle d'un pathogène différent. Nous retenons ici la plus prudente : 70 °C.

La recommandation locale est de 70 °C158 °F ; la référence USDA est de 74 °C165 °F.